Réflexions de quasi mi-parcours

Faire la sieste dans le train entre Kuala Lumpur et Penang. Se réveiller et voir la dense jungle malaisienne de chaque côté du wagon. Se demander quel est l’écart de température entre l’intérieur trop froid du wagon climatisé et l’extérieur chaud et humide.train4Passer plusieurs secondes dans un tunnel. S’étirer le bras pour prendre une bouchée de ce bon petit pain acheté la veille dans un gros centre d’achats au luxe démesuré de Kuala Lumpur. Voilà un village, annoncé par une jolie école. Ça semble tranquille. Il est 13h15, les écoliers sont-ils en classe? Ah! non, ce n’était pas un village, mais une ville; restaurants, aires de jeux colorées pour les enfants, quartiers résidentiels soignés, arrêt court à la gare, terrain de soccer, une autre école, plus grande celle-là.

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Plus tôt, nous avions vu de très vastes plantations de palmiers – à perte de vue – de part et d’autre du train. L’huile de palme, ingrédient populaire chez les industriels alimentaires, est devenue une des causes importantes de la disparition progressive des forêts de la Malaisie. Même chose en Indonésie. Combien de plantations de palmiers pour produire des biscuits Oréo pendant un an ? Je me demande…

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Voilà près de deux mois que nous avons quitté Québec pour aller voir ce qui se passe ailleurs. Pour vivre une parenthèse de quelques mois avant de reprendre notre vie « normale » que nous apprécions beaucoup, avant de revoir nos familles et amis que nous aimons beaucoup.

Aux îles Fidji, nous avons appris à voyager ensemble dans un pays moins bien structuré que le nôtre. En Nouvelle-Zélande, nous avons appris à voyager sans s’épuiser. À Singapour, notre initiation à l’Asie, puis à Kuala Lumpur, nous avons appris à trouver un équilibre entre le dépaysement – souhaité, voulu – et le confort, parfois nécessaire. Surtout celui des enfants. S’il y a des tonnes de chili rouge dans presque chaque plat, que leur donne-t-on à manger . Heureusement, nous avons toujours trouvé, surtout que Singapour et Kuala Lumpur sont des villes très multiculturelles offrant une grande diversité de plats d’un peu partout dans le monde.

Aux îles Fidji, Noémie disait s’ennuyer de l’école et Francis de la famille. C’est maintenant passé. Ils sont maintenant avec nous dans le moment présent. (Et depuis qu’ils savent que grand-papa Martin viendra nous rejoindre en Turquie en avril, vers la fin du voyage, tout cela est plus excitant pour eux, je crois.) Il faudra sous peu commencer à faire un peu d’école avec Francis, signe que la mi-voyage n’est pas très loin. Du coup, Noémie reprendra son initiation à la lecture que nous avions commencée sous la tente en Nouvelle-Zélande.

Quant à nous, Jean-Sé et Sophie, nous devons continuer à savourer tous ces moments précieux passés jour après jour ensemble et avec nos deux beaux trésors, à la découverte d’autres façons de vivre. Nous continuons notre route. Les plantations de palmiers – ces déserts de biodiversité – sont réapparues. Les enfants et Jean-Sé dorment toujours en ce moment. Une autre bouchée de pain. Encore deux heures de train. Lisons un peu maintenant.

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Ils ne dormaient manifestement plus quand cette photo a été prise!!
Ils ne dormaient manifestement plus quand cette photo a été prise!!

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