Petite aventure entre Levuka et Suva

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Lundi matin marquait le moment de quitter Levuka pour revenir à Suva. Nous avions évalué deux options pour effectuer le trajet entre l’île d’Ovalau (où se trouve Levuka) et celle de Viti Levu (la principale de Fidji, où se trouvent Suva et Nadi). Pour arriver sur l’île d’Ovalau, nous étions partis de celle de Leleuvia et avions utilisé le bateau du Leleuvia resort. Le même bateau pouvait revenir nous prendre à Levuka et nous laisser à Bau Landing, sur Viti Levu, pour environ 200f$ (130c$). De là, nous devions prendre un bus (15$) ou un taxi (35$) vers Suva. L’autre option était d’utiliser le moyen de transport des « locaux », soit le service bus-ferry-bus des Patterson Brothers. Pour environ 120f$, nous pouvions faire le trajet et arriver à la gare de bus de Suva. Puisque nous privilégions le plus possible les transports en commun non reserves aux touristes, nous avons choisi l’option des Patterson Brothers!

Nous sommes donc allés acheter nos billets samedi matin. La cabane était à 2 minutes du Royal Hotel où nous logions. Le préposé nous vend les billets, inscrit nos prénoms dans un cahier et nous demande d’être là à 4 h 30 lundi matin.

Lundi matin, nous nous levons à 4h, bouclons nos bagages, faisons nos adieux au petit cottage que nous occupions depuis déjà 4 jours et, sacs au dos, nous dirigeons vers la station de bus, à quelques pas de là (à Levuka, tout est à quelques pas de là!).

Arrivés à la station, on voit que le bus est déjà plein. On se dit que c’est lundi et que pas mal de gens doivent rentrer à Suva pour le boulot. Des gens attendent et nous disent qu’il y aura un autre bus.

Sophie et moi jasons avec deux jeunes hommes qui s’en vont partager la bonne nouvelle des Adventistes du septième jour sur une autre île! Pour eux, notre vie est réussie: mariage (on ne leur a pas dit que l’on vit dans le péché!), travail et beaux enfants.

Le bus quitte et on attend encore. Finalement, un camion-bus arrive et les gens commencent à monter dans la boîte (couverte d’une bâche et équipée de bancs rudimentaires). On nous dit qu’il faut monter là et vite! On garroche les sacs et on se fraie une place avec les enfants. Aussitôt montés et le camion démarre en trombe (50 km/h c’est considéré comme de la vitesse sur les routes d’Ovalau!). La photo qui illustre ce texte montre un camion similaire à celui dont je parle ici.

Sophie se fait offrir une petite place et asseoit Noémie sur elle. Francis et moi sommes, avec cinq autres hommes, debout au centre de l’étroite allée ou assis sur des sacs. Une dame offre rapidement une petite place à côté d’elle à Francis. Moi, je compresse les sacs pour me faire de la place et pouvoir me tenir debout. Ça brasse et vaut mieux se cramponner sur les montants métalliques qui forment la structure sur laquelle la bâche est tendue.

Nous sommes une trentaine, entassés comme du bétail (l’image des cochons que l’on mène à l’abattoir m’a même traversée l’esprit!), dans un camion à la suspension rudimentaire. C’est ce que l’on appelle apprendre à la dure comment vivent les gens du coin!

Je sais qu’on en a pour au moins à 40 minutes avant d’arriver au traversier. Mon seul espoir est qu’il y aura un bus pour nous rendus là (j’avais vu un bus vide partir de la station vers 4 h 10 alors je me doutais qu’il serait probablement déjà sur le traversier). Je n’osais pas imaginer que l’on passerait les 3h30 du trajet dans la boîte du camion.

Retour dans la boîte du camion. Ça brasse. Je vois que la dame qui a fait une place à Francis le trouve bien cute. Elle l’enlace et lui place son oreiller sur ses genoux en l’obligeant avec douceur et fermeté à se coucher dessus. Je vois que Francis n’en n’a pas envie. Il se laisse faire un peu puis se relève. Ça dure comme ça pendant pas mal tout le trajet! Il nous avouera plus tard que la dame sentait très fort la papaye. Et il faut savoir qu’on n’a pas encore réussi à manger de papaye: le goût nous lève le cœur! Manges, ananas, melons, bananes – fruits locaux et de saison – emmenez-en, mais la papaye, pas capables!

Noémie, elle, s’est endormie sur Sophie. Après une quinzaine de minutes de trajet, ll se met à pleuvoir. Les gens à l’avant referment la bâche pour se protéger de la pluie. La chaleur monte rapidement et l’odeur de gaz d’échappement aussi. Par chance, ça ne dure pas très longtemps et les gens ouvrent un peu la toile pour laisser entrer de l’air.

Après une quarantaine de minutes, le camion arrive enfin au traversier. Il se retourne et monte à reculons sur la rampe du bateau. Les roues tournent un peu dans le beurre mais on finit par monter. Hop! Tout le monde descend et on sort aussi les sacs. Je ramasse nos sacs et les empile dans un coin, sur le pont du bateau. Trois bus sont déjà là. Celui qui était plein et deux autres. Je vais rapidement voir et me fait confirmer qu’ils vont tous à Suva et que je peux y réserver nos places. Vite, nous apportons les bagages, les entassons dans la soute et montons réserver nos quatre places dans un bus. Ouf, nous ne ferons pas tout le trajet à dos de camion! Nous sommes soulagés et, avouons-le, bien fiers d’avoir une histoire de plus à raconter!

Quelques minute plus tard, le traversier largue les amarres et nous quittons l’île d’Ovalau. Nous montons sur le pont supérieur du bateau pour y trouver une grande cabine climatisée et un petit stand à nourriture. Nous nous installons confortablement et je vais acheter 2 morceaux de gâteau aux bananes pour les enfants (1f$ pièce) et deux thés. Pendant ce temps, Sophie a démarré la projection sur l’écran de la cabine (personne n’avait encore osé appuyer sur play).

Je suis donc accueilli par la projection de l’épisode du film Planet earth qui se passe en Amérique du Nord. Des images de montagnes enneigées, d’oiseaux et de mammifères qui me sont familiers. Assez comique et réconfortant après notre aventure dans le camion!

La traversée entre Buresala Landing (sur Ovalau) et Natovi Landing (sur Viti Levu) se fait tout en douceur et dure une quarantaine de minutes. Nous montons ensuite dans le bus. Une dame a déplacé certains des objets que l’on avait mis sur les sièges pour réserver nos places. Il semble que c’était « sa » place. Ce n’est pas trop grave. Sophie et Francis s’assoient vers l’arrière et Noémie et moi plus en avant du bus. Le voyage se fait sur une route en très bonne condition (pour Fidji), Noémie dort sur moi pendant presque tout le trajet qui nous fait traverser des beaux vallons et des régions agricoles.

C’est donc à 8 h 30 pile, comme prévu, que nous descendons en gare de Suva. Nous récupérons les bagages et sautons dans un taxi qui nous laissera à la porte de l’hôtel South Seas Private Hotel que nous retrouvons avec joie. On nous y a préparé la même chambre que lors de notre premier passage à Suva, la 18, au grand bonheur des enfants. Nous y déposons nos bagages et préparons un sac avec le kit de baignade. Le projet est de se rendre dans un parc naturel qui se trouve assez près de la ville et où l’on peut se baigner dans des cascades d’eau fraîche.

Bon! C’est assez pour aujourd’hui. Il est 21h30 et je suis debout depuis 4h ce matin! Mais la merveilleuse baignade dans les cascades du Colo-i-Suva Forest Park m’a donné l’énergie nécessaire pour me rendre jusqu’à ce moment. Le reste de la famille et au lit. Je les y rejoint. On vous parlera de la baignade, des cigales, des fourmis et du marché de Suva dans un autre texte.

Bonne nuit!

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