L’appel de l’épinette!

Nous sommes au milieu de voyage. Aujourd’hui, nous avons visité Ribe, la plus vieille ville du Danemark. Il faisait frette. Moins de vingt degrés, un vent qui venait de la mer. On se serait cru au Québec en juillet! C’est pas pour me plaindre, remarquez. Si on avait voulu de la chaleur, on serait allés plus au Sud, comme ces amis rencontrés à l’aéroport et qui s’en allaient en Tunisie pour trois semaines. Il nous est arrivé de penser à eux quand on se les gelait : « Chantal pis Nico ils doivent avoir chaud là, hein?».

Notre choix de la Scandinavie était justement pour voir comment vivent les autres peuples qui habitent dans un climat similaire au nôtre. Et je le confirme, le climat est comme le nôtre : une journée il peut faire 27°C et le lendemain, dix degrés de moins. Une journée il fait beau soleil, le lendemain il pleut. Au moins, on a été chanceux, il a moins plu ici qu’au Québec depuis que l’on a débuté nos vacances.

Là je suis assis dans la tente, Sophie dort avec son livre dans la face et la frontale encore allumée; Noémie est bien endormie et Francis vient de fermer son livre. Il est 22h20 et il fait encore clair mais il fera noir dans une trentaine de minutes environ. Demain, on va à Legoland. Francis a regardé le feuillet promotionnel toute la journée avec les yeux brillants. L’accès internet est minuté alors j’écris le texte hors-ligne et je me connecterai tantôt pour le publier. L’appareil photo est dans l’auto et je n’ai pas envie de mettre un pantalon pour aller le chercher, surtout que je suis déjà sorti trois fois de la tente pour des alertes pipi de Mimi : «j’ai envie de pipi… ça presse… j’ai trop envie… ça presse trop». La troisième fois fût la bonne. C’est toujours délicat de dire non à une petite fille qui a envie de pipi… tout d’un coup que ce serait vrai! Mais comme elle n’abuse pas si souvent que ça, j’ai fait la runne vers les toilettes trois fois! Il n’y aura donc pas de photos de notre visite de Ribe! En vrac, quelques notes avant de me plonger dans un nouveau livre – Nikolski de Nicolas Dickner :

  • Ribe est une petite ville avec des accents médiévaux comme on n’en avait jamais vu. C’est beau mais il faisait frette et les enfants on chiâlé la moitié du temps donc on ne peut pas dire que c’était charmant! Il y a un nid de cigognes au centre de la ville mais je n’ai pas vu les cigognes.
  • On a roulé un peu vers une ville industrielle sans charme. Sur la route, il y a des moments où la campagne faisait penser à la route entre Hébertville et le Lac Kénogami. Pas trop dépaysant! Sophie a voulu s’essayer à faire mieux que la madame du GPS comme co-pilote mais sans grand succès!!
  • Les enfants aiment bien le camping mais des fois, ça fait un peu trop propre et parfait à mon goût. Faut dire que les bâtiments de services sont neufs mais ils ont fait ça très luxueux et on dirait que rien n’est laissé au hasard.
  • Aujourd’hui, pendant que j’attendais les enfants à la toilette faite pour eux (tout est à leur hauteur, il y a de la couleur et des bidules avec des personnages autour des lavabos et de la musique pour enfants en danois), je me suis mis à me demander ce que c’est que la nature sauvage pour les danois. Ici, tout est cultivé. Il n’y a pas de forêt, juste des petits tapons (André A. sera heureux de cette réutilisation du mot tapon!) d’arbres. L’intervention de l’homme est partout, et depuis très longtemps en plus. Une norvégienne croisée dans le bus à Copenhague nous avait dit que la nature est bien mieux chez-elle qu’ici. Je commence à comprendre! En sortant des toilettes, j’ai dit à Sophie : «J’mennuie des épinettes… on va faire un tour en Suède!». Nous avions prévu quelques jours en Suède mais ces derniers jours, on pensait rester au Danemark et aller dans le coin de Silkeborg au lieu de faire un croche par la Suède. Mais là, ça commence à sentir la Suède… et je sent déjà l’appel de l’épinette noire qui retentit dans mon coeur de sauvage! En plus, ça viendra mettre des images réelle sur les nombreux romans suédois que j’ai lu (Millénium, évidemment, mais aussi plusieurs Mankell, en particulier ses romans noirs, comme Les chaussures italiennes et Profondeurs).
  • Les affaires que le Danemark est vert et super écolo, on est pas certains de trop comprendre. C’est vraiment pas évident de recycler, même en ville, il y a beaucoup d’autos partout, le monde roule vite pis les épiceries sont bourrées de bebelles comme celles en Amérique (c’est pour ça que je vais chez IGA chez-nous… ça m’insulte de voir des grosses brassières rose pis des fusils en plastique quand je rentre à l’épicerie). Il y a bien quelques éoliennes dans les champs pis des tonnes de vélos à Copenhague mais à part ça, c’est pas si clair qu’ils ont un mode de vie à l’avant-garde. Nous continuons à garder l’oeil et l’esprit ouvert… c’est pour ça qu’on est ici, non?
  • Ici, les gens dans les campings ressemblent à ceux au Québec, sauf que les roulottes sont pas mal plus petites et qu’il n’y a pas de pick-ups! Mais vraiment, il suffirait de faire parler le monde en québécois, enlever une couple de blonds et les cuisines collectives, ajouter des tables à pique-nique et nous mettre de la Molson entre les mains et on est dans un camping québécois. Faudrait aussi rajouter de la boucane parce que les gens ici ne font pas de feux. En fait, ils n’ont pas l’air de faire grand-chose!! Ils sont pas mal propres et gentils les gens ici. Ouais, pas mal trop propres et gentils.

Bon ben, c’est ça qui est ça! Legoland demain… j’ai ben l’impression que ça va être une orgie de patentes pas d’allure pour faire vendre des Legos… mais je ne demande qu’à être surpris… et les enfants vont avoir une super journée, ça c’est certain. Combien de fois on va entendre «je veux ça, est-ce qu’on peut l’acheter?… ouinnn, c’est pas juste, j’ai jamais rien, je veux plus être ici»? On les aime quand-même nos petites vermines!!!

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