Cabinet de curiosités à Chiang Mai

Le naturaliste en moi est depuis longtemps fasciné par ces ancêtres des musées que sont les cabinets de curiosités. Voici un extrait de la définition qu’en fait Wikipédia:

Un cabinet de curiosités était un lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l’hétéroclisme et l’inédit. On y trouvait couramment des médailles, des antiquités, des objets d’histoire naturelle (comme des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des carapaces, des herbiers, des fossiles) ou des œuvres d’art. Source: Wikipédia.

Les cabinets de curiosités sont progressivement disparus au cours des deux derniers siècles. Imaginez donc que nous en avons visité un aujourd’hui! Et qu’en plus, c’est en se trompant de lieu que nous sommes atterris au Museum of World Insects and Natural Wonders.

Voici l’histoire. Nous sommes à Chiang Mai depuis quatre jours. Nous y séjournons dans un bel hôtel pas trop cher avec une grande piscine. Nous avons également loué une voiture afin de pouvoir mieux explorer la nature de la région. Il fait un temps superbe ces jours-ci à Chiang Mai. Beau soleil, temps assez sec et environ 30C le jour et 20C la nuit. Nous sommes loin de l’humidité et de la chaleur torride de la Malaisie et de Bangkok. Ici, on dort les fenêtres ouvertes, sans climatiseur. Le bonheur! Et en montagne, il fait même frais. Quelle joie pour les septentrionaux que nous sommes! Bref, nous coulons des jours paisibles à Chiang Mai.

Ce matin, donc, en planifiant notre journée, nous avions prévu aller visiter le Siam insect zoo. Nos journées ici se déroulent ainsi: petit dej vers 8:30, ensuite une bonne heure de devoirs pour Francis avec maman (il a recommencé il y a quelques jours après 2 gros mois de congé!); baignade, ornithologie et coloriage pour Noémie et papa jusqu’à 11h. Ensuite, on prend la route pour une activité ou une visite. Nous mangeons en chemin, dans une petite gargote sur le bord de la rue (délicieuses nouilles, riz frit ou curry pour environ 1,50$ la portion).

En montant dans la voiture, je programme le GPS en entrant le mot « insects ». La machine m’offre un choix que je sélectionne sans trop me questionner. La distance me semble faible mais bon, je me dis que le GPS doit mieux savoir que moi où se trouve le musée! J’avais vu une affiche annonçant le Insect Zoo lors de notre escapade du premier jour et il me semblait que c’était plus loin mais la direction indiquée par la GPS est la bonne alors je décide de lui faire confiance.

Nous prenons donc la route, arrêtons en chemin à la gare de bus (tout près de l’hôtel) acheter nos billets pour Chiang Kong (samedi prochain, nous quittons vers le Laos. Chiang Kong est tout près de la frontière et nous naviguerons de là sur le Mékong pendant 2 jours vers Luang Prabang au Laos) et prenons une bouchée dans un petit resto.

Après le repas, nous reprenons la route et quelques minutes plus tard, nous arrivons dans une rue plus résidentielle que commerciale et le GPS indique que nous sommes à destination. Je dis à Sophie « me semble que ça se peut pas que ce soit ici ». Et du coup, elle voit le musée. C’est un musée d’insectes alors ça doit être ce que nous cherchons!

Nous garons la voiture et sommes accueillis par une femme dans la quarantaine qui nous ouvre la porte et nous fait entrer dans un des endroits les plus surprenants qu’il nous ait été donné de visiter: un cabinet de curiosités comme il n’en existe presque plus!

Une vieille dame vient alors à notre rencontre et nous explique que nous allons pouvoir admirer la collection quelle et son mari ont amassée tout au long de leurs carrières d’entomologistes au service de l’étude des moustiques vecteurs de la malaria et d’autres maladies transmises par ces diptères. Rampa Rattanarithikul, 74 ans, nous raconte sa carrière et prend bien soin de nous rassurer: elle et son mari sont bouddhistes alors aucun animal n’a été tué pour créer leur musée, tous les spécimens sont morts accidentellement ou d’une mort naturelle (les laisser mourir dans une cage semble compter comme « mort naturelle » et ne pas être mauvais pour le karma!).

C’était tout simplement fascinant! Tout au long de la visite, j’étais émerveillé par tout le travail, la passion et la générosité de ces gens, mais je me disais aussi que ça ne correspondait pas à la description de ce que je voulais aller visiter. Il me semblait avoir lu qu’il y avait des insectes vivants alors que ce n’était pas le cas où nous étions. J’avais toutefois lu des commentaires sur Trip Advisor qui correspondaient (j’ai compris plus tard que des gens confondent les deux endroits – le Musée et le Zoo).

Voici quelques photos pour vous donner une idée du lieu: insectes, cailloux, peintures, coquillages, sculptures, squelettes, coupures de journaux, monnaie défectueuse et tralala!

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Nous avons donc pu, grâce à une erreur de GPS, visiter une relique d’une époque aujourd’hui révolue, celle des cabinets de curiosités!

Pour en apprendre plus sur le musée et ses fondateurs, lire cet article publié dans le New York Times il y a quelques années: Pesky Critter Makes for a Busy Career.

Demain, nous quittons Chiang Mai pour deux journées dans la région de Chiang Dao, à environ 90 minutes de route d’ici. Nous y explorerons les montagnes et la nature du Nord de la Thaïlande. J’ai trouvé deux chambres doubles pour vraiment pas cher (28$ la chambre) dans un hotel qui semble assez bien ( Marisa Boutique Resort & Spa).

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